Chroniques de terre et de mer
Par La Vigie
(Société historique de la Côte-Nord)
Chronique 6: Parue dans le Journal La
Côte-Nord, le 8 octobre 1969
Un peu d'histoire : Agnes Jordan, devenue Madame Mead et Narcisse
Mead tiennent un rôle important dans l'histoire de la famille.
Elle a même élevé notre grand-père Joseph.
Baie- Trinité
La famille Poulin (suite)
- Les Mead - Le successeur (2e Poulin à la pointe)
Avant la construction d'une chapelle à Baie-de-la-Trinité, la mission se
donnait dans une maison, souvent à la Pointe-à-Poulin. Voici comment se
déroulait cette mission d'après Madame Fafard-Lacasse : «On y dressait un
autel dans la pièce la plus propice. La coutume voulait aussi que les gens des
environs accompagnassent le missionnaire dans sa tournée à la maison voisine, de
sorte que cette occasion réunissait toujours un assez grand nombre de personnes.
Comme la maison où avait lieu cette mission n'avait pas toujours le nombre de
pièces suffisantes pour loger autant de monde, on improvisait des lits partout.
À cause des intempéries, il arrivait souvent que ces gens-là étaient retenus
plusieurs jours au même endroit.»
Notre chroniqueuse des temps jadis raconte la visite du père Zacharie Lacasse dans la maison de Mme Mead. Elle en garde un souvenir impérissable d'autant plus qu'elle s'y trouve concernée. «La mission avait lieu, cette année-la, écrit-elle, chez Madame Mead. Il fut donc convenu que je me rendrais chez cette dame, et l'on m'y transporta en cométique, conduit par un guide sauvage nommé Simon. Dans le salon de Madame Mead, je reçus du révérend Père Lacasse, les dernières instructions, pendant lesquelles le bon Père marchait de long en large, comme s'il eut été devant un nombreux auditoire. Enfin arriva le grand jour! Quelques jolies fleurs ornaient l'autel. Le tout très simple mais imposant..Le chant religieux, l'humble aspect de toutes ces choses en hommage au Tout-Puissant, l'isolement de l'endroit, et la ferveur admirable de ces hommes rustiques, écoutant avec respect la parole du missionnaire, donnaient un cachet de solennité à cette fête dont l'ensemble me laissera un souvenir inoubliable.»
En plus d'élever les enfants du premier lit, le couple Mead eut-il de nouveaux enfants? C'est de nouveau l'affirmation de madame Fafard. «Madame Mead, écrit-elle, avait un fils marié, nommé Thouz. Un soir de l'automne de 1872, il partit en canot accompagné de sa femme et d'un camarade, pour aller faire la veillée chez le plus proche voisin, à une distance de quelques milles. Ils ne revinrent jamais, et leurs corps ne furent jamais retrouvés...»
M. Mead meurt à l'automne avancé de 1884. Le R. P. Arnaud en communique la nouvelle en ces termes à Mgr Bossé, le 24 décembre 1884 : «Narcisse Mead, le père (adoptif) de Francis Poulin, de Baie de la Trinité est mort. M. Desjardins, qu'on avait appelé par le télégraphe, n'a pu s'y rendre vu le mauvais temps, les mauvais chemins et le manque de guide. Une de mes veuves de Godbout est morte aussi à la suite d'un vomissement de sang. Comme Narcisse Mead, elle a été, elle aussi, privée de prêtre. Bouillon avec qui je devais partir, m'a laissé pendant que je disais la sainte messe. Il est vrai que je n'aurais pas arrivé à temps, car elle était morte avant l'arrivée de celui-ci à Godbout, mais j'aurais pu au moins assister le cher Narcisse Mead.»
Quant à Mme Mead, elle survécut à son mari pendant quatorze ans encore, ajoutant toujours à ses mérites et s'éteignit le 21 septembre 1898, au grand regret de tous. Son corps repose au cimetière des Ilets-Caribou.
FRANCIS POULIN (2e)
Pendant ce temps, François, connu sous le nom de Francis, était devenu un homme mûr. Le père Arnaud le désigne encore sous le nom de Francis Poulin-Mead à l'acte de baptême de Cécile Ashini, dont il est le parrain, le 20 juin 1870. Le 4 novembre 1872, il épouse Marie Ashini, fille de Xavier Ashini et de Adèle Duberger, de Godbout devant le Père Louis Babel. De cette union, naîtront trois garçons et une fille : Zénon, Joseph, Jean-François (Johnny) et Elizabeth. Mort jeune, Johnny repose au cimetière indien de Godbout.
Marie Ashini ne pourra pas élever sa famille; une mort prématurée l'enlevait aux siens le 28 février 1880 à l'âge de vingt-huit (28) ans. Son corps repose également au cimetière indien de Godbout. C'est la grand-mère Mead qui finira d'élever les enfants.
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M. FRANCIS POULIN (2e), époux en premières noces de |